|
Document sans titre
L’APRÈS
VENTE
Quiconque habite sur une sphère peut se croire au centre
du monde.
Ainsi en est-il des grandes fonctions de l’entreprise.
Ce sentiment est patent pour la direction. Il est répandu dans les fonctions,
opérationnelle, financière, technique, administrative, commerciale,
informatique. En fait, il se rencontre en tout lieu de la sphère «
Entreprise » même si elle est patatoïde. Il touche non sans
raisons cette fonction très mal nommée que l’on appelle
l’après vente.
Pour les uns, le produit est fait pour gagner de l’argent. Pour d’autres
il est fait pour être produit. Pour d’autres encore, pour être
vendu. Même si le produit est un et indivisible, chacun en sa vision qui
s’oppose parfois à celle des autres
Comme il arrive que le produit soit fait aussi… pour servir, sa vision
par les yeux du client en vaut bien toute autre. Et le regard porté par
le client est toujours instructif.
Les méthodes, les procédures, les contraintes, les outils, les
personnels de l’après vente sont fortement liés à
la nature du produit et à la composition de la clientèle.
La rentabilité d’un produit simple ne peut être assise que
sur l’existence de nombreux clients. Une approche statistique y est prépondérante
et nécessite un couplage direct et serré avec la production, qu’il
y ait ou non l’intervention d’un service qualité.
La démarche après vente suppose une structure propre à
assurer un bon retour d’expérience. Elle inclut l’assistance
technique. Le couplage avec la production ne peut exclure les bureaux d’études
concernés. Les fournisseurs amont doivent aussi être associés
et impliqués dans l’après vente.
La perceptibilité des défaillances, la traçabilité
des défauts, la définition et l’application des mesures
correctives, nécessitent que les personnels de l’après vente
aient une bonne connaissance des produits.
Les finalités et caractéristiques des produits, les arborescences
technologiques, les arborescences de production, les règles d’emploi,
l’accessibilité, la « maintenabilité », la «
modifiabilité », les règles de maintenance, ne sauraient
être définies indépendamment des attentes du client.
C’est ainsi que les systèmes complexes imposent une conception
extensive de l’après vente. L’après vente doit se
coupler avec son aval commercial et s’intéresser à son amont
technique, dès le stade de la définition des produits.
La grande question qui se pose pour tout produit est de savoir qui est le client.
Le cas de l’aéronautique fournit un bon exemple des implications
de la complexité des produits et des structures commerciales dans l’organisation
de l’après vente.
Le client est-il la compagnie aérienne qui achète l’avion
? Est-il l’agence de voyage qui vend des billets de groupe ? Est-il l’association
qui organise le voyage ? Est-il le voyageur qui dans tous les cas est le client
final ?
Poser la question, c’est déjà commencer à y répondre.
Le client c’est un peu tout cela à la fois. Il ne faut négliger
aucune des parties-prenantes pour ne mécontenter personne.
Si l’après vente ne doit se désintéresser de rien,
il ne doit pas pour autant vouloir se mêler de tout.
Deux écueils extrêmes sont à éviter, celui de créer
des états dans l’état, celui de vouloir intégrer
toutes les fonctions en une immense usine à gaz.
La place de l’après vente dans l’entreprise ou dans le groupe
d’entreprises productrices, les méthodes, les domaines d’action,
les délégations, les correspondants, les outils, notamment, informatiques
doivent être définis avec précision.
Cas par cas il faut déterminer le rôle des intervenants pour éviter
la dilution des responsabilités et éliminer les redondances de
tâches qui ne seraient pas nécessaires à l’obtention
de la sûreté des résultats.
Mais au-delà de la technique, la psychologie, l’humanité,
la disponibilité resteront toujours au cœur des relations avec le
client.
Le respect des partenaires d’aujourd’hui et le respect des engagements
d’hier préparent les ventes de demain.
Pierre Auguste
Le 16 juillet 2008
|